Les chiffres de la Région européenne
Le sixième cycle de l’initiative COSI de l’OMS Europe repose sur des mesures réalisées sur environ 470 000 enfants de 6 à 9 ans dans 37 pays. Chez les enfants de 7 à 9 ans, environ 25 % sont en surpoids, obésité incluse, et 11 % sont obèses. L’écart est marqué selon le sexe : 13 % des garçons sont obèses contre 9 % des filles [1].
Dans la plupart des pays participants, plus de 10 % des enfants sont obèses, et près de 20 % dans plusieurs pays du sud de l’Europe. La situation est globalement stable, mais les changements observés vont plus souvent vers une hausse que vers une baisse [1].
Un chiffre qui interpelle : la perception des parents
Selon le rapport, 66 % des enfants en surpoids sont perçus par leurs parents comme ayant un poids normal ou insuffisant. Dans tous les pays disposant de données, plus de la moitié des parents sous-estiment le poids de leur enfant [1]. Ce décalage ne traduit pas un manque d’attention : l’œil s’habitue, et le surpoids devient la norme dans l’entourage.
Alimentation, écrans, activité
Le rapport décrit des habitudes à améliorer : 46 % des enfants mangent des fruits frais chaque jour et 32 % consomment des légumes au moins une fois par jour. Moins de 5 % respectent la recommandation de 5 portions de fruits et légumes par jour. Par ailleurs, 41 % mangent des sucreries, 29 % boivent des boissons sucrées et 16 % consomment des snacks salés plus de 3 fois par semaine [1].
Côté mouvement, 53 % des enfants se rendent à l’école à pied, à vélo ou en patins et 40 % en transport motorisé. Côté écrans, 42 % passent au moins 2 heures par jour devant un écran en semaine et 78 % le week-end. Le sommeil est plutôt suffisant : 89 % dorment au moins 9 heures par nuit [1].
Une maladie chronique multifactorielle
Au niveau mondial, la fiche de l’OMS mise à jour le 7 octobre 2026 indique qu’en 2024, 400 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans étaient en surpoids, dont 170 millions obèses. La prévalence du surpoids, obésité comprise, est passée de 8 % en 1990 à 20 % en 2024 [2].
L’OMS décrit l’obésité comme une maladie chronique résultant d’interactions entre facteurs environnementaux, psychosociaux et une sensibilité biologique individuelle. Les environnements dits obésogènes, qui limitent l’accès à une alimentation saine et abordable et à une activité physique sûre, en sont un facteur majeur [2]. Il ne s’agit donc pas d’une question de volonté.
Ce que recommande l’OMS
Pour les politiques publiques : taxer les boissons et aliments riches en sucre, en sel ou en acides gras trans, restreindre leur marketing notamment vers les enfants, améliorer l’étiquetage et les repas scolaires, promouvoir l’activité physique et le transport actif [1].
Pour les familles, la fiche mondiale cite notamment manger sainement, être actif, bien dormir et limiter les boissons sucrées [2]. En cas de doute sur la croissance d’un enfant, le médecin traitant ou le pédiatre est le bon interlocuteur, avec le parcours de soins décrit par la Haute Autorité de santé [3].
Sources et références
[1] OMS Europe. Selon un nouveau rapport de l’OMS, le surpoids et l’obésité chez l’enfant restent un souci majeur dans la Région. Communiqué du 4 novembre 2025, consulté le 29 octobre 2026. Données COSI, perception des parents, recommandations.
[2] Organisation mondiale de la santé. Obésité et surpoids : principaux repères. Fiche mise à jour le 7 octobre 2026, consultée le 29 octobre 2026. Chiffres mondiaux 2024, causes, prévention.
[3] Haute Autorité de santé. Surpoids et obésité chez l’enfant et l’adulte : quel parcours de soins ?. Titre consulté dans les résultats de recherche le 29 octobre 2026. Parcours de soins.



