Ce que l’on appelle stress au travail
Pour l’INRS, le stress au travail est un déséquilibre ressenti entre les exigences professionnelles et les ressources disponibles pour y faire face. Le stress aigu est une réaction à un enjeu ponctuel, et ses symptômes s’arrêtent peu après la fin de la situation. Le stress chronique résulte d’une situation qui dure et a toujours des effets néfastes sur la santé [1].
Les facteurs de stress
L’INRS cite la surcharge de travail, des objectifs insuffisamment définis, des relations difficiles avec la hiérarchie ou les collègues et un manque d’autonomie [1]. L’OMS élargit la liste : sous-utilisation des compétences, charge et rythme excessifs, manque de personnel, horaires longs ou incompatibles avec la vie sociale, faible influence sur ses tâches, culture d’entreprise tolérant les comportements négatifs, soutien limité des collègues, violence, harcèlement, discrimination, fonctions mal définies, insécurité de l’emploi, salaire insuffisant et conflit entre exigences professionnelles et familiales [2].
Des conséquences pour la personne et l’entreprise
L’INRS indique que le stress chronique a des effets néfastes sur la santé des salariés et, pour l’entreprise, entraîne turnover, journées de travail perdues, baisse de la qualité de la production et démotivation [1].
L’OMS chiffre le coût mondial : 12 milliards de jours de travail perdus chaque année à cause de la dépression et de l’anxiété (année non précisée), soit une perte de productivité d’environ 1 000 milliards de dollars américains. En 2023, environ 16 % des adultes en âge de travailler souffraient d’un trouble mental [2].
La prévention collective d’abord
Le chef d’entreprise doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés. L’INRS précise que la prévention collective est à privilégier, car elle agit sur les causes du stress plutôt que sur ses symptômes : réduire les sources de stress en agissant sur l’organisation, les conditions de travail et les relations sociales [1].
Les interventions recommandées par l’OMS
Évaluer les risques psychosociaux sur le lieu de travail puis les atténuer, les modifier ou les supprimer, mettre en place des modalités de travail souples et des dispositifs contre la violence et le harcèlement. Former les cadres à repérer la détresse de leurs équipes, former l’ensemble des travailleurs pour réduire la stigmatisation et proposer des interventions individuelles de gestion du stress, y compris l’activité physique [2].
L’OMS recommande aussi des aménagements raisonnables (horaires souples, tâches allégées, congés pour soins) et des programmes de retour au travail combinant adaptations et soins cliniques [2].
En pratique
Pour un salarié, parler tôt de sa charge de travail avec son manager ou avec la médecine du travail. Pour un manager, repérer les signaux faibles : isolement, irritabilité, retards. Pour une entreprise, intégrer les risques psychosociaux à l’évaluation des risques professionnels, au même titre que les risques physiques.
Sources et références
[1] INRS. Stress au travail : ce qu’il faut retenir. Dernière mise à jour le 7 juin 2023, consulté le 29 octobre 2026. Définition, facteurs, prévention.
[2] Organisation mondiale de la santé. La santé mentale au travail. Publié le 15 septembre 2026, consulté le 29 octobre 2026. Chiffres, facteurs de risque, interventions.



